Archive | 31 mars 2013

Les mots

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Je m’éveille.
Ils sont là, ils me guettent,
Ils veulent sortir des limbes,
Cette nouvelle naissance les inquiète…

Je peux les laisser vivre, ou bien mourir.
Par ma plume je les fais naître,
Et je les garde, ou bien je les jette.
Moi seule décide s’ils sont éphémères, ou bien éternels.

Je leur donne vie, je les accompagne sur le papier,
Et puis, ils la font tout seuls, leur vie.
Sans moi, ils n’existent pas,
Mais quand ils sont posés, ils m’échappent, ils ne m’appartiennent plus.
Je les relis, déjà ils ne sont plus les mêmes.

De nouveaux yeux se posent sur eux, ils deviennent autre.
Ils arrivent jusqu’au cerveau du lecteur,
En passant par ses milliers de neurones
Le sens qu’il leur prête n’est pas mon sens.

Tel des caméléons, ils s’adaptent à chaque vision,
Tout en s’efforçant de conserver, au fond de leur matière, leur part de vérité.
Ils sont juste des mots, de tout petits mots,
Insignifiants, et sans âmes.
Ou bien ils sont des mots immenses, énormes, extraordinaires,
Et alors ils remplissent tout un cœur, toute une vie, tout un pays.
Je leur prête attention, je leur donne de l’émotion,
Ils sont là, à ma disposition.
J’ai faim, je ne me pose pas de question, je mange,
Je dois aussi nourrir cette chose en moi qui veut parler.

Oh ma tête !
Les mots sont là !
Ils se poussent, ils se bousculent,
Il y en a trop !
Stop, s’il vous plaît !
Laissez-moi dormir, laissez-moi rêver…
Retournez là d’où vous venez, laissez moi respirer.
Comment puis-je vous donner du sens ?
Je ne veux pas vous trier, surtout pas vous ordonner,
Je vous veux vrais, entiers et sincères.
Juste, je ne suis qu’une femme,
Engoncée dans un corps, dont je suis un peu prisonnière.
Si vous arrivez trop vite, trop nombreux à mon esprit,
Je ne sais pas choisir, et je vous perds, définitivement.

Ce chemin que vous empruntez jusqu’à mon âme,
J’ignore d’où il vient,
J’ignore où il va,
Mais je suis là, oui je suis là pour vous
Je vous pose sur le papier, pour mieux vous partager.