Archive | avril 2013

Hommes entre eux de Jean-Paul Dubois

Il s’agit ici d’hommes vieillissants, seuls et désespérés. La mort n’est pas loin, l’atmosphère est tendue, l’intrigue réfléchie, la chute pour le moins inattendue, ouverte à toutes sortes d’interprétations.
J’ai lu ce livre habitée par cette idée que la mort, jamais, ne vous oublie ; saisie par ces deux personnages, l’un désemparé, épuisé par la maladie, l’autre solide et plein de vie. La dernière scène est particulièrement puissante, seulement je ne peux décemment rien en dire, pour vous la laisser découvrir. Simplement je vous retranscris une réplique d’un des personnages de Dubois : « Vous avez vu ce que vous avez vu. Maintenant pensez ce que vous voulez. »

C’est un bon roman, avec une analyse fine et subtile des sentiments humains.

Mon résumé
Paul est gravement malade, il sait que la mort est proche. Il veut à tout prix retrouver une femme, sa femme, pour savoir pourquoi elle l’a quitté il y a trois ans, sans aucune explication. Il part au Canada, pour une ultime rencontre avec l’ancien amant d’Anna, un bûcheron vivant reclus dans les bois et se retrouve avec lui prisonnier d’une violente tempête de neige. Les voilà contraints à une drôle de cohabitation. Floyd, l’amant, est un homme calme qui vit de chasse à l’arc et de pêche. Ours solitaire, trappeur au milieu de nulle part, il est à la fois simple et vaguement étrange : il vit grâce à un cœur greffé, celui d’un assassin mort en prison.

Nous voilà portés par la beauté des paysages du grand Nord canadien, et par l’affrontement des deux amants délaissés, guidés vers cette part animale qui gît au fond de chacun d’entre nous.

La quatrième de couverture
Un Français et un Canadien se croisent dans le Grand Nord. Le temps d’une tempête de neige et d’une partie de chasse se tissent entre eux, dans un chalet rouge, de mystérieux liens. Ont-ils été amoureux de la même femme ? Un huis clos étouffant et libérateur où la proie n’est pas là où on le pense…

La folle allure de Christian Bobin

Vous aimez la poésie ? Alors ce petit roman est pour vous. Il y a environ un an, mon amie Élise l’a mis entre mes mains. Le regard scrutateur que l’auteur porte sur les choses de la vie, sa passion du détail, la précision avec laquelle il transmet son analyse des sentiments me donnent l’envie de présenter « La folle allure ». A mon humble avis le meilleur de Bobin, en tous cas mon préféré. C’est un peu comme une grande nouvelle, tout à la fois légère et grave. Un style exquis, tout en poésie donc, avec une pointe d’élégance et de délicatesse. Lisez-le, et comme le dit si bien la petite fille de l’histoire : « on verra bien ! ».

Je ne trouve pas de résumé qui me convienne, et je trouve difficile d’en écrire un moi-même. Je peux juste dire : c’est rayonnant, c’est fluide, c’est touchant, ça s’envole et ça redescend. On lit et on ne s’arrête pas. « La folle allure » est l’histoire d’une petite fille qui vit dans un cirque. Elle contemple le monde de ses yeux d’enfant. Et comme vous le savez, les yeux d’enfant ça voit les choses telles qu’elles sont vraiment, la vérité vraie, à l’état brut. A la place du résumé, je vous livre deux petits extraits. Le premier, c’est tout simplement l’incipit. Celui qui m’a emmenée et que je reconnaîtrai, même dans dix ans :

Mon premier amour a les dents jaunes. Il entre dans mes yeux de deux ans et demi. Il se glisse par la prunelle de mes yeux jusqu’à mon cœur de petite fille où il fait son trou, son nid, sa tanière. Il y est encore à l’heure où je vous parle. Aucun n’a su prendre sa place. Aucun n’a su descendre aussi loin. J’ai entamé ma carrière d’amoureuse à deux ans avec le plus fier amant qui soit : les suivants ne seraient jamais à la hauteur, ne pourraient jamais l’être. Mon premier amour est un loup. Un vrai loup avec fourrure, odeur, dents jaune ivoire, yeux jaune mimosa. Des taches d’étoiles jaunes dans une montagne de pelage noir.

Un second extrait :
Ma mère est folle, je crois. Je souhaite à tous les enfants du monde d’avoir des mères folles, ce sont les meilleures mères, les mieux accordées aux cœurs fauves des enfants. Sa folie lui vient d’Italie, son premier pays. En Italie, ce qui est dedans, ils le mettent dehors. Leur linge à sécher et leur cœur à laver, ils mettent tout à la rue sur un fil entre deux fenêtres, et ils font l’inventaire plusieurs fois par jour, devant les voisins, dans un interminable opéra de cris et de rires. En apparence c’est gai – en apparence seulement. Les Italiens sont tristes, ils imitent trop la vie pour l’aimer réellement, ils sentent la mort et le théâtre : c’est mon père qui dit ça quand il veut mettre ma mère en rage. Le pays de mon père, j’ignore comment il s’appelle. Le pays de mon père c’est le silence. Mon père c’est tous les hommes quand ils rentrent le soir à la maison. Des taciturnes. Des sans-mot. Mon père est comme un loup : le feu qui coule dans ses veines remonte aux yeux, et rien pour les lèvres.

La quatrième de couverture
Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.

Les autres d’Alice Ferney

Savez-vous ce que je pense de vous ; sais-je ce que vous pensez de moi ? Me percevez-vous comme je suis vraiment ; et moi, suis-je dans la vérité quand je pense sur vous ?
Toute la réflexion de « Les autres » repose sur ces questions un peu gênantes, à travers un jeu de société. Les pensées les plus secrètes de chacun des personnages sont mises à nu d’une façon tout-à-fait originale, puisque les deux premières parties s’approchent d’une pièce de théâtre, et je m’étonne même que cette histoire ne soit pas théâtralisée. (à moins qu’elle le soit ?) Pas besoin de réécriture : un jeu de société sur une table, des gens autour, et un public.

Ce roman intimiste vous révélera d’étonnants passages traitant de la psychologie humaine et peut-être même aurez-vous, comme moi, envie de le relire. Les réflexions si judicieuses de l’auteure m’ont absorbée pleinement. Ses observations sur la vieillesse et la mort, à travers l’omniprésence d’une mère âgée qui ne joue pas et reste couchée, par exemple sont, de mon point de vue, particulièrement émouvantes. Je dois signaler que ce roman s’inspire d’un jeu qui existe vraiment ! Je ne conseille cependant pas d’y jouer…
Alice Ferney, dans son style bien à elle, raconte, avec les mots simples de tous les jours, des choses plutôt complexes que ses personnages auraient de loin préféré garder secrètes, au plus profond d’eux-mêmes.

Le résumé du livre :
Lors d’un repas en famille et entre amis pour l’anniversaire de Théo, le fils cadet, son frère Niels lui offre un jeu de société : Personnages et caractères. C’est l’occasion pour chacun de se découvrir à travers le regard des autres dans le cadre d’une expérience qui risque de ne laisser personne en ressortir indemne. Le livre se divise en trois parties qui relatent de façons différentes un même épisode : « Choses pensées » nous donne accès aux pensées de chacun des personnages, « Choses dites » se concentre sur les paroles de chacun et « Choses rapportées » où la scène est perçue par le biais d’un narrateur omniscient.
Caractère : n. m. Manière habituelle de réagir, propre à chaque personne. Et juste en dessous : Personnes susceptibles s’abstenir. Voilà ce qui était écrit en gros sur le couvercle. Ce jeu a reçu une récompense au Festival international des nouveaux jeux de société. Je ne m’arrête pas à ce détail positif, j’imagine le chambardement qu’il peut susciter dans notre groupe. Un jeu de miroir tient nos relations dans le monde des ombres et des reflets. Personnages et Caractères propose d’éclairer cet imbroglio. Mais justement, faut-il faire la lumière ? Je suis de l’avis de Fleur : c’est prendre des risques. Théo lit la règle du jeu avec un sérieux d’enfant. On dirait que lire à voix haute le protège de comprendre ce qu’il annonce. Et Niels s’amuse, se frotte les mains, il assistera en direct à une expérience psychologique. C’est bien digne de lui d’avoir offert ce cadeau.

La quatrième de couverture :
« Théo fête ce soir ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, qui révélera à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent, menaçant de remettre en cause l’idée qu’il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusque-là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance… et nul ne sortira indemne de la soirée. »

Lignes de faille de Nancy Huston

Les récits sur les atrocités commises par les nazis, je l’avoue cela peut en excéder plus d’un, et moi la première tant j’ai lu d’œuvres sur le sujet. Cependant Nancy Huston lui donne ici une dimension tellement sensible, avec son talent « sans faille », que vous ne manquerez pas d’en être remués, j’en suis persuadée. Elle en fait un roman bouleversant, poignant, révoltant, et terriblement injuste, en nous invitant à remonter le temps, à suivre les « lignes de faille » qui ont creusé leurs empreintes dans une famille, sur plusieurs générations.

Il s’agit du portrait d’une famille américaine, sur 4 générations, de nos jours jusqu’à 1944, de la Californie, jusqu’à l’Allemagne. Et ce, à travers le regard de 4 enfants de 6 ans.

C’est de la « psychogénéalogie » pure, un univers qui me passionne particulièrement. L’histoire s’ouvre avec le dernier de la famille, un enfant de six ans, en 2004. Un véritable petit tyran. Le chapitre suivant reprend un passage de la vie du père de cet enfant, lorsqu’il avait six ans lui aussi. Puis vient le tour de la grand-mère au même âge, six ans. Et enfin, l’arrière-grand-mère, elle aussi a six ans. Chacun d’eux est brisé au cours de cette année de leur six ans, et cette brisure les transforme, chacun à leur tour, en parent abusif ou absent, prisonnier de ce que l’on a inscrit en lui, au fer rouge. Chacun à leur tour victime ou bourreau.

Et l’on découvre comment un secret autour de la naissance d’une petite fille, à un moment donné, peut engendrer un petit tyran, trois générations plus tard.

Le résumé du livre
Ce roman est composé de quatre parties qui forment chacune quatre récits distincts mais que l’on peut cependant relier les uns aux autres.
Chaque récit est fait par un narrateur âgé de six ans. Tous sont issus de la même famille, chacun étant le descendant du suivant.
Le roman s’ouvre avec le récit de Sol en 2004. C’est un enfant californien à la personnalité atypique et choyé par sa maman. Le récit suivant est celui de son père, Randall, âgé de six ans en 1982. Il vit à New-York chez ses parents. Sa mère s’occupe peu de lui car elle consacre énormément de temps à des recherches qu’elle mène sur sa famille. Puis, c’est au tour de Sadie, âgée de six ans en 1962. Elle vit à Toronto au Canada chez ses grands-parents. Ceux-ci sont très stricts avec elle, mais un jour sa mère vient la chercher et la libère en l’emmenant vivre avec elle à New-York. Le roman s’achève par le témoignage de Kristina qui, à six ans, est confrontée à la violence de la Seconde Guerre Mondiale. Tous les narrateurs ont une particularité commune : un grain de beauté qui porte bonheur aux uns et malheur aux autres.

La quatrième de couverture
Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Un tout petit garçon enfermé dans un placard attend, avec une totale confiance, le retour de sa sœur, jusqu’à mourir de faim, et de soif, et de solitude.

Une fillette de 10 ans est hantée par l’idée de son petit frère mort enfermé au fond d’un placard dont elle seule détient la clef.

Ces deux images fortes sont en moi et reviennent régulièrement à ma mémoire, n’importe quand, sans prévenir… Je n’oublierai pas le calvaire de Sarah, ni celui subit par toutes ces familles juives.

Je ne sors pas indemne de cette lecture. C’est tout simplement impossible !

Sarah regrette d’avoir enfermé Michel, puis elle regrette de ne pas avoir su ou pu le sauver. Mais n’est-ce pas lui qui l’a sauvée, elle ? En lui insufflant la force et le courage nécessaires pour survivre, pour s’évader, pour survivre encore ? Le remords l’a rongée tout le long de son existence. Elle a cependant donné la vie à un fils, William, puis Julie, la journaliste touchée par son histoire, laisse naître, de son côté, une autre petite Sarah…

Un récit magnifique, écrit à deux voix : celle du passé, puis celle du présent, en alternance.

Voilà.
Bonne lecture à qui prendra ce livre !

Le résumé du livre (source : mediafilm.ca) :
2009. Julia s’apprête à emménager dans le spacieux appartement du Marais que possède la famille de son mari depuis plus de soixante ans. Alors qu’elle enquête sur la rafle du Vel d’Hiv pour les besoins d’un reportage, Julia découvre que le grand-père de son conjoint a pris possession dudit appartement en 1942, dans les semaines qui ont suivi l’événement. 1942. Les gendarmes débarquent chez les Starzynski. Dans l’urgence, la jeune Sarah ordonne à son petit frère Michel de se cacher dans l’armoire encastrée dans un des murs de leur chambre. Elle verrouille la porte et garde la clé en lui promettant de revenir. Conduite au Vélodrome d’Hiver puis dans un camp, Sarah ne pense qu’à aller secourir Michel. Lorsqu’elle parvient à s’échapper, elle trouve refuge chez un couple de cultivateurs. Des décennies plus tard, Julia tente de découvrir ce qu’il est advenu de Sarah Starzynski.

La quatrième de couverture :
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.

Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv.

Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais.

Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.

Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans trente-quatre pays.

Dans les bois éternels de Fred Vargas

Je vous présente aujourd’hui mon auteure de policier française préférée !

Nous retrouvons le fameux protagoniste Jean-Baptiste Adamsberg de Fred Vargas, avec une enquête d’épouvante qui lui file entre les doigts, mais qui le passionne. Une ombre qui ne le lâche pas, mais a t-il envie qu’elle le lâche ? Une religieuse chez lui. Un nouveau lieutenant qui ronge son frein en attendant d’avoir sa peau, mais qu’il ne peut s’empêcher d’admirer pour sa bravoure et son courage.

Ce dixième roman de « l’auteure française du policier », comme j’aime à la définir, est de moins en moins policier, et de plus en plus décalé. Je suis bien incapable de vous raconter l’intrigue, mais pour faire court, la lecture de ce rompol vous révélera quelques meurtres, quelques profanations de tombes, l’éviscération de deux cerfs et l’émasculation d’un pauvre chat ! Euh, s’il vous plaît, oubliez-moi pour les détails ! Et puis, si vous vous interrogez sur ce mot : « rompol », il s’agit d’un genre romanesque quasiment créé par Fred Vargas elle-même.

Bizarrement, j’ai découvert, au fil de cette lecture, qu’il y a un os dans le groin du porc, qu’il y a un os dans la verge du chat, et qu’il y a un os dans le cœur du cerf.

En quoi ce nouveau savoir peut m’être utile ? Je ne sais pas, mais c’est fondamental pour l’aboutissement de l’histoire !

Le résumé du livre :
Envisager de raconter un roman de Fred Vargas frise le ridicule, aussi se contentera-t-on de dire qu’ici, comme dans Sous les vents de Neptune, Adamsberg est confronté à des résurgences de son passé qui le déstabilisent fortement. L’enquête qu’il mène sur la mort de deux gars qui se sont fait trancher la gorge à la Porte de la Chapelle le remet en présence d’Ariane Lagarde, la médecin légiste à laquelle il s’était opposé quelque vingt-cinq ans auparavant. Un de ses nouveaux collaborateurs ne semble pas particulièrement l’apprécier, ce qui le perturbe d’autant plus que ce lieutenant Veyrenc de Bilhc est béarnais comme lui, originaire du village voisin du sien.
Enfin Camille, dont il a eu un fils, qu’il garde régulièrement, semble voguer vers de nouvelles amours et s’être affranchie de leur liaison passionnelle pour glisser vers des relations amicales, qui ne lui conviennent absolument pas…

La quatrième de couverture :
« Des fois, ça me gratte. Ca me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. A un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux […].
Ma mère savait pourquoi : c’est la piqûre de l’araignée. Quand mon bras est parti, je n’avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours. […]
C’est tout simple, c’est que le sentiment n’a pas fini sa vie. […] Et si on meurt avant d’avoir fini sa vie, c’est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse. »
Se pourrait-il que le commissaire Adamsberg coure après une ombre ?