Archive | mai 2013

Frères et sœurs de verre de Mireille Mirej, illustré par Joëlle Ginoux-Duvivier

Avant la lecture de ce petit livre aux tons orangés et chaleureux, je l’avoue, j’ignorais presque tout du verre. Grâce au récit de Mireille Mirej, qui ne manque ni de saveur ni de piquant, le verre pour moi prend vie et se révèle être attrayant, et même un brin sympathique. Jamais plus je ne considérerai mes bocaux, pots de miel ou de confiture de la même façon. Je les manipule dorénavant avec douceur et respect. Et surtout, je fais attention au recyclage, encore plus sérieusement qu’auparavant.

Comment recycler et à quoi ça sert ? Verrue, Vertige, Versicolore, Vairon, Vertu, l’esprit du verre et les autres, bien au chaud dans le four, en pleine métamorphose pour une vie nouvelle, se sollicitent, s’interrogent et revendiquent pour vous l’expliquer. Des propos pertinents et pétillants à souhait, pour notre plaisir.

Les illustrations de Joëlle Ginoux-Duvivier, en noir et blanc, enrichissent bien agréablement l’histoire. J’admire particulièrement la petite vache tachetée, page 25. Elle arbore un air doux et presque tendre.

Quatrième de couverture :

– Hep, vous tous ! Pardonnez-moi de vous couper la parole mais, moi, je suis là pour la première fois de ma vie. C’est fait en quoi, le verre ?
– Normalement, c’est fabriqué à partir de sable et de calcaire chauffés à très haute température. Mais, grâce au recyclage, on fabrique du verre… avec du verre. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici.
– Ce n’est pas tout à fait aussi simple que ça. On n’a pas mis directement du verre de récupération dans le four. Tu n’as quand même pas perdu la mémoire en chauffant trop fort !

Pour un enfant de Marie-Laure Bigand

L’enfant de Sandra est morte… et enterrée. Sandra s’accroche à la vie, juste par cet instinct de survie qui nous anime tous, et se manifeste quand il s’agit de ne pas mourir. Jusqu’à ce coup de fil complètement inattendu qui l’étourdit et la déconcerte au plus au point, en plein milieu de la nuit. La jeune mère endeuillée choisit d’écouter son cœur et son intuition, elle se persuade alors de mener sa barque toute seule, déterminée et prête à lutter contre ceux qui voudront s’opposer à ses décisions. Sandra ne recule devant rien et va jusqu’au bout, nous emmenant avec elle de rebondissements en rebondissements… Marie-Laure Bigand pousse la femme de ce récit jusqu’au plus profond de ses émotions les plus intenses.

Difficile de vous confier un résumé sans dévoiler certaines choses qu’il serait dommage de révéler, sous peine de gâcher votre lecture…

Quatrième de couverture :
Confession d’une mère qui ne cesse de croire… Prête à tout sacrifier, elle met de côté ses rêves et se lance dans la lutte face au désastre de la disparition de son enfant, moteur principal du récit, submergée par le pouvoir hypnotique de son amour pour sa fille. L’auteur dessine avec force le portrait d’une femme dont la conscience s’éveille et lui permet de triompher de sa peur.
Un livre saisissant, émouvant et angoissant à la fois. Une parole, un geste, des personnages atypiques, tout concourt à créer une atmosphère unique.
Marie-Laure Bigand grâce à son souci du style, qui se veut constant, nous entraîne dans une enquête passionnante où l’action menée rapidement réussit à échapper aux images type du roman à énigme.

Du sang sur les nains de Jean Martinez

Destiné aux enfants à partir d’environ 10 ans, ce roman policier champêtre est peuplé de petits êtres qui hantent les jardins comme des esprits malins. Leurs exploits raviront les jeunes lecteurs et leur procureront sans aucun doute, comme à moi, plaisir et joie ! Parce que oui, en effet, j’ai particulièrement apprécié la lecture de ce livre : Samy croit à la légende du nain d’or. Son père, Charlie, est reporter pour un hebdomadaire régional, où lui-même est stagiaire pour trois semaines… trois semaines d’aventures bien singulières qui vous happeront dans leur délire.

Une jolie histoire, peuplée de ces petits gnomes qui portent si fièrement leur bonnet. Ils existent depuis un temps indéfini et se plaisent dans les jardins. Gare, paraît-il, à ceux qui maltraitent un nain de jardin, et pourtant, c’est ce qui arrive à ceux-ci… et le suspens est au rendez-vous ! avec ce petit brin d’humour de l’auteur Jean Martinez, l’amusement est garanti.

La quatrième de couverture :
A Mortemart se succèdent des disparitions insolites : les victimes sont des nains de jardin ! Samy se penche de près sur ces vols mystérieux. Ses recherches le mènent à la fameuse légende du nain d’or, au grand maître Triboulet, et à une charmante foraine, étrangement impliquée dans l’affaire…

Noces de glace de Mikaël Ollivier

Il s’agit ici d’une affaire criminelle bien plus subtile qu’une enquête ordinaire : le souvenir hante chacun des personnages présents dans l’histoire, autant le jeune gendarme, Martin Le Kerrec, qui mène les investigations, que les suspects ou les autres personnages. L’auteur nous emmène avec une extrême habileté dans un roman qui s’avère captivant. Simplement de mon point de vue, en toute humilité, Mikaël Ollivier n’a pas créé un univers précis autour de son récit, comme le fait si bien Murakami par exemple. Cela n’enlève cependant rien à la narration.

Mon résumé :
C’est le cadavre d’un jeune garçon, disparu depuis quinze ans, que l’on retrouve dans la vallée de Chamonix. Il a fait une chute mortelle à l’âge de vingt ans, dans une crevasse en haute montagne. Lorsqu’on le découvre, il a le même visage qu’à l’époque, et cela rend sa mère folle de douleur. Surtout qu’elle recevait régulièrement des courriels de son fils, qu’elle croyait en vie, parti loin d’ici… De suspicions en non-dits, de mensonges en faux-semblants, l’auteur nous guide, sur une tonalité convaincante, vers un secret de famille déroutant, et même assez choquant.

La présentation de l’éditeur :
Un craquement lugubre et le sol se dérobe sous les crampons des quatre alpinistes. A l’aube, les hélicoptères des secouristes dansent un inquiétant ballet au-dessus du glacier du Tour. Les lignes de sonde se mettent en place, les chiens d’avalanche font leur travail. Trop bien peut-être ? Ce ne sont pas quatre, mais cinq corps que l’on sort de la neige. Exilé dans la vallée de Chamonix pour fuir un passé qui le hante, le lieutenant Le Kerrec est chargé d’éclaircir l’énigme. La mort de l’inconnu des glaces et l’assassinat sauvage, quinze ans plus tôt, d’un joaillier et de sa femme seraient-ils liés ? Secrets de famille, mensonges collectifs, destins volés, meurtres barbares, il faudra au jeune officier de la Brigade des Recherches déployer des trésors d’humanité et d’obstination pour ne pas sombrer sous le poids d’une enquête qui réveille ses propres démons… Un suspense angoissant où l’on retrouve la marque de l’auteur de Trois souris aveugles, prix Polar 2003.