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L’homme du verger d’Amanda Coplin

9782264058362Je ne dirai pas que je suis enthousiaste à la lecture de ce livre, je ne dirai pas non plus de lui « à lire absolument ». Cependant, il ne me laisse pas indifférente, loin de là. Quelque chose en lui m’attendrit et me chiffonne.

Avec L’homme du verger, Amanda Coplin touche chez moi certaines cordes sensibles comme, par exemple, l’importance de la famille, en contraste dans ce roman avec la véritable solitude. La violence et la douleur s’opposent ici à l’incroyable lenteur – celle du rythme des saisons – à la douceur des lieux, et du propriétaire du verger.

Je me suis intéressée à Amanda Coplin et j’ai découvert qu’elle a réellement grandi dans la vallée de Wenatchee et qu’elle s’est inspirée de la vie de sa famille pour écrire cette histoire. Elle a été initiée par son grand-père aux soins qu’exigent les arbres fruitiers, ceux-là mêmes dont s’occupe, avec une certaine tendresse, le personnage principal de l’histoire, Talmadge. Cet homme généreux et bienveillant vit en harmonie avec la nature et se consacre à son verger.

Talmadge se suffit à lui-même, dévoué à ses arbres nourriciers, dans un paisible environnement. Sa mère est morte alors qu’il était adolescent, le laissant seul face à la vie, seul pour s’occuper de sa petite sœur, dont il ne peut oublier, ni même comprendre, la cruelle disparition. Caroline Middey, herboriste et sage-femme et Clee, l’indien dresseur de chevaux, sont ses deux amis de toujours, ceux sur qui il peut compter sans réserve, ceux qui l’accompagnent jusqu’au bout de cette histoire.
Sa vie est totalement bouleversée le jour où deux toutes jeunes filles enceintes lui dérobent quelques-uns de ses fruits. Étonnamment, Talmadge, plutôt que s’indigner ou fulminer comme l’aurait fait n’importe qui, les laisse partir, et même continue de les nourrir, jusqu’à les apprivoiser. Ce mot « apprivoiser », je l’utilise sciemment, car c’est exactement cela qu’il s’évertue à faire tout au long des pages, faire abandonner l’hostilité et les réticences de deux petites sauvageonnes, Jane et Della, déjà abîmées par la vie, déjà démolies par un homme. Un certain équilibre se retrouve ici, car Talmadge, lui, déborde justement d’une tendresse accumulée, jamais témoignée à personne. Il use alors d’une extrême patience et d’une bienveillance infaillible pour gagner la confiance des deux enfants qui attendent des enfants.

Un peu de patience il nous faut à nous aussi, lecteurs de ce beau roman : ne vous attendez pas à des confidences ou épanchements de la part des personnages, le silence fait partie intégrante de leur système de vie ! Pas de mots superflus, pas d’aveux, repli sur soi et réserve sont les maîtres de ce verger isolé, un peu à l’image des plantes qui y poussent… L’auteur nous laisse le soin de deviner, de ressentir nous-mêmes ce qui se passe, d’user de toute l’empathie dont nous sommes capables…

Seulement, c’est ce silence, de mon point de vue, qui est responsable et qui engendre toutes les circonstances qui font qu’il se passe ce qui se passe… La fin du roman part sur les chapeaux de roues et les faits, soudain, s’accélèrent. Tout va trop vite tout à coup… je me sens frustrée, avec le sentiment désagréable que l’histoire n’est pas finie, qu’il manque quelque chose.

Quatrième de couverture
À l’aube du XXe siècle, dans une région reculée le long de la côte pacifique des États-Unis, Talmadge prend soin de ses arbres fruitiers. Depuis près d’un demi-siècle, cet homme mène une existence apaisée, rythmée par les saisons des fruits. Jusqu’au jour où deux jeunes filles farouches et abandonnées font irruption dans son domaine… Leur arrivée bouleversera définitivement la vie de ces personnages, les rappelant à leurs douloureux passés. Retraçant l’histoire des êtres liés à ce verger, Amanda Coplin bâtit un récit d’une étonnante maturité littéraire, où l’épique se mêle à l’intime.

Les Soleils de l’hiver

Tout d’abord, merci à René Barral pour l’écriture et le partage de cette histoire, située au cœur des Cévennes méridionales. J’aurais adoré avoir un grand-père comme Joseph ! Il est de cette sorte d’homme qui vous fait aimer la vie, qui vous donne envie de vous lever tôt le matin, et d’applaudir. Je remercie vivement Elsa, elle m’a fait découvrir à la fois ce livre et son auteur.

Lorsque sa femme meurt, Joseph a 82 ans, alors on ne s’attend pas à ce qu’il poursuive sa vie en ouvrant si grand ses yeux, à la fois sur la nature, admirable dans cette région des Cévennes, et sur les autres personnages, que cette même région à la rude école a pourvus de droiture et de simplicité… En même temps que Joseph, nous découvrons sa vieille voisine « La Bousconne », une femme surprenante et d’une généreuse bonté, qu’elle avait toujours bien su camoufler sous une fâcheuse carapace, et Tintin, un homme simple d’esprit, au langage rudimentaire et au cœur immense, qui a surtout besoin d’une tendre et bienfaisante protection. Et puis arrivent Patrick, ce fils ingrat et cruel, qui déçoit vivement son père jusqu’à le faire pleurer de rage, Thierry, le cadeau inespéré de la vie à Joseph, et d’autres surprises que je vous propose de découvrir par vous-même, en lisant cette œuvre poétique et sensible, dotée de passages lumineux, eux-mêmes imprégnés de tendresse et d’espoir. Forcément Joseph saura toucher votre âme, et forcément, vous apprécierez. Moi, j’ai savouré, tout simplement.

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert

Je tourne la dernière page de « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker. J’ai apprécié ce gros livre, page après page, surprise après surprise, avec un vif plaisir, un régal pour mon esprit. Si ce roman nous guide vers une enquête active, parfois drôle, parfois dangereuse, il nous offre aussi, et surtout de mon point de vue, une belle réflexion sur le statut d’auteur et sur l’art d’écrire.
L’œuvre de Joël Dicker est composée de 31 chapitres, classés par ordre décroissant. Chaque tête de chapitre aborde un « conseil pour devenir écrivain » du professeur pour son élève.
Le conseil n°4 « Lorsque vous arrivez en fin de livre, Marcus, offrez à votre lecteur un rebondissement de dernière minute. Pourquoi ? Pourquoi, mais parce qu’il faut garder le lecteur en haleine jusqu’au bout. C’est comme quand vous jouez aux cartes : vous devez garder quelques atouts pour la fin » est consciencieusement mis en œuvre dans ce récit, avec un art incontesté !
Roman à tiroirs, deux histoires s’imbriquent l’une dans l’autre, ou plutôt, une histoire surgit et s’installe dans l’histoire : il y a Marcus, jeune écrivain en manque d’inspiration, pressé par un éditeur avide de gloire et de richesses, et puis il y a Harry, homme mûr et écrivain renommé, enveloppé de mystères et de mensonges, prisonnier d’un amour immense mais interdit, qui le mène inexorablement vers la disgrâce, le jugement d’autrui, la diffamation. Il est question, aussi, d’une profonde amitié entre l’élève et son professeur, un peu comme entre un fils et son père.

Quatrième de couverture
À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence d’Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Frères et sœurs de verre de Mireille Mirej, illustré par Joëlle Ginoux-Duvivier

Avant la lecture de ce petit livre aux tons orangés et chaleureux, je l’avoue, j’ignorais presque tout du verre. Grâce au récit de Mireille Mirej, qui ne manque ni de saveur ni de piquant, le verre pour moi prend vie et se révèle être attrayant, et même un brin sympathique. Jamais plus je ne considérerai mes bocaux, pots de miel ou de confiture de la même façon. Je les manipule dorénavant avec douceur et respect. Et surtout, je fais attention au recyclage, encore plus sérieusement qu’auparavant.

Comment recycler et à quoi ça sert ? Verrue, Vertige, Versicolore, Vairon, Vertu, l’esprit du verre et les autres, bien au chaud dans le four, en pleine métamorphose pour une vie nouvelle, se sollicitent, s’interrogent et revendiquent pour vous l’expliquer. Des propos pertinents et pétillants à souhait, pour notre plaisir.

Les illustrations de Joëlle Ginoux-Duvivier, en noir et blanc, enrichissent bien agréablement l’histoire. J’admire particulièrement la petite vache tachetée, page 25. Elle arbore un air doux et presque tendre.

Quatrième de couverture :

– Hep, vous tous ! Pardonnez-moi de vous couper la parole mais, moi, je suis là pour la première fois de ma vie. C’est fait en quoi, le verre ?
– Normalement, c’est fabriqué à partir de sable et de calcaire chauffés à très haute température. Mais, grâce au recyclage, on fabrique du verre… avec du verre. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici.
– Ce n’est pas tout à fait aussi simple que ça. On n’a pas mis directement du verre de récupération dans le four. Tu n’as quand même pas perdu la mémoire en chauffant trop fort !

Pour un enfant de Marie-Laure Bigand

L’enfant de Sandra est morte… et enterrée. Sandra s’accroche à la vie, juste par cet instinct de survie qui nous anime tous, et se manifeste quand il s’agit de ne pas mourir. Jusqu’à ce coup de fil complètement inattendu qui l’étourdit et la déconcerte au plus au point, en plein milieu de la nuit. La jeune mère endeuillée choisit d’écouter son cœur et son intuition, elle se persuade alors de mener sa barque toute seule, déterminée et prête à lutter contre ceux qui voudront s’opposer à ses décisions. Sandra ne recule devant rien et va jusqu’au bout, nous emmenant avec elle de rebondissements en rebondissements… Marie-Laure Bigand pousse la femme de ce récit jusqu’au plus profond de ses émotions les plus intenses.

Difficile de vous confier un résumé sans dévoiler certaines choses qu’il serait dommage de révéler, sous peine de gâcher votre lecture…

Quatrième de couverture :
Confession d’une mère qui ne cesse de croire… Prête à tout sacrifier, elle met de côté ses rêves et se lance dans la lutte face au désastre de la disparition de son enfant, moteur principal du récit, submergée par le pouvoir hypnotique de son amour pour sa fille. L’auteur dessine avec force le portrait d’une femme dont la conscience s’éveille et lui permet de triompher de sa peur.
Un livre saisissant, émouvant et angoissant à la fois. Une parole, un geste, des personnages atypiques, tout concourt à créer une atmosphère unique.
Marie-Laure Bigand grâce à son souci du style, qui se veut constant, nous entraîne dans une enquête passionnante où l’action menée rapidement réussit à échapper aux images type du roman à énigme.

Du sang sur les nains de Jean Martinez

Destiné aux enfants à partir d’environ 10 ans, ce roman policier champêtre est peuplé de petits êtres qui hantent les jardins comme des esprits malins. Leurs exploits raviront les jeunes lecteurs et leur procureront sans aucun doute, comme à moi, plaisir et joie ! Parce que oui, en effet, j’ai particulièrement apprécié la lecture de ce livre : Samy croit à la légende du nain d’or. Son père, Charlie, est reporter pour un hebdomadaire régional, où lui-même est stagiaire pour trois semaines… trois semaines d’aventures bien singulières qui vous happeront dans leur délire.

Une jolie histoire, peuplée de ces petits gnomes qui portent si fièrement leur bonnet. Ils existent depuis un temps indéfini et se plaisent dans les jardins. Gare, paraît-il, à ceux qui maltraitent un nain de jardin, et pourtant, c’est ce qui arrive à ceux-ci… et le suspens est au rendez-vous ! avec ce petit brin d’humour de l’auteur Jean Martinez, l’amusement est garanti.

La quatrième de couverture :
A Mortemart se succèdent des disparitions insolites : les victimes sont des nains de jardin ! Samy se penche de près sur ces vols mystérieux. Ses recherches le mènent à la fameuse légende du nain d’or, au grand maître Triboulet, et à une charmante foraine, étrangement impliquée dans l’affaire…