Les autres d’Alice Ferney

Savez-vous ce que je pense de vous ; sais-je ce que vous pensez de moi ? Me percevez-vous comme je suis vraiment ; et moi, suis-je dans la vérité quand je pense sur vous ?
Toute la réflexion de « Les autres » repose sur ces questions un peu gênantes, à travers un jeu de société. Les pensées les plus secrètes de chacun des personnages sont mises à nu d’une façon tout-à-fait originale, puisque les deux premières parties s’approchent d’une pièce de théâtre, et je m’étonne même que cette histoire ne soit pas théâtralisée. (à moins qu’elle le soit ?) Pas besoin de réécriture : un jeu de société sur une table, des gens autour, et un public.

Ce roman intimiste vous révélera d’étonnants passages traitant de la psychologie humaine et peut-être même aurez-vous, comme moi, envie de le relire. Les réflexions si judicieuses de l’auteure m’ont absorbée pleinement. Ses observations sur la vieillesse et la mort, à travers l’omniprésence d’une mère âgée qui ne joue pas et reste couchée, par exemple sont, de mon point de vue, particulièrement émouvantes. Je dois signaler que ce roman s’inspire d’un jeu qui existe vraiment ! Je ne conseille cependant pas d’y jouer…
Alice Ferney, dans son style bien à elle, raconte, avec les mots simples de tous les jours, des choses plutôt complexes que ses personnages auraient de loin préféré garder secrètes, au plus profond d’eux-mêmes.

Le résumé du livre :
Lors d’un repas en famille et entre amis pour l’anniversaire de Théo, le fils cadet, son frère Niels lui offre un jeu de société : Personnages et caractères. C’est l’occasion pour chacun de se découvrir à travers le regard des autres dans le cadre d’une expérience qui risque de ne laisser personne en ressortir indemne. Le livre se divise en trois parties qui relatent de façons différentes un même épisode : « Choses pensées » nous donne accès aux pensées de chacun des personnages, « Choses dites » se concentre sur les paroles de chacun et « Choses rapportées » où la scène est perçue par le biais d’un narrateur omniscient.
Caractère : n. m. Manière habituelle de réagir, propre à chaque personne. Et juste en dessous : Personnes susceptibles s’abstenir. Voilà ce qui était écrit en gros sur le couvercle. Ce jeu a reçu une récompense au Festival international des nouveaux jeux de société. Je ne m’arrête pas à ce détail positif, j’imagine le chambardement qu’il peut susciter dans notre groupe. Un jeu de miroir tient nos relations dans le monde des ombres et des reflets. Personnages et Caractères propose d’éclairer cet imbroglio. Mais justement, faut-il faire la lumière ? Je suis de l’avis de Fleur : c’est prendre des risques. Théo lit la règle du jeu avec un sérieux d’enfant. On dirait que lire à voix haute le protège de comprendre ce qu’il annonce. Et Niels s’amuse, se frotte les mains, il assistera en direct à une expérience psychologique. C’est bien digne de lui d’avoir offert ce cadeau.

La quatrième de couverture :
« Théo fête ce soir ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, qui révélera à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent, menaçant de remettre en cause l’idée qu’il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusque-là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance… et nul ne sortira indemne de la soirée. »

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