Lignes de faille de Nancy Huston

Les récits sur les atrocités commises par les nazis, je l’avoue cela peut en excéder plus d’un, et moi la première tant j’ai lu d’œuvres sur le sujet. Cependant Nancy Huston lui donne ici une dimension tellement sensible, avec son talent « sans faille », que vous ne manquerez pas d’en être remués, j’en suis persuadée. Elle en fait un roman bouleversant, poignant, révoltant, et terriblement injuste, en nous invitant à remonter le temps, à suivre les « lignes de faille » qui ont creusé leurs empreintes dans une famille, sur plusieurs générations.

Il s’agit du portrait d’une famille américaine, sur 4 générations, de nos jours jusqu’à 1944, de la Californie, jusqu’à l’Allemagne. Et ce, à travers le regard de 4 enfants de 6 ans.

C’est de la « psychogénéalogie » pure, un univers qui me passionne particulièrement. L’histoire s’ouvre avec le dernier de la famille, un enfant de six ans, en 2004. Un véritable petit tyran. Le chapitre suivant reprend un passage de la vie du père de cet enfant, lorsqu’il avait six ans lui aussi. Puis vient le tour de la grand-mère au même âge, six ans. Et enfin, l’arrière-grand-mère, elle aussi a six ans. Chacun d’eux est brisé au cours de cette année de leur six ans, et cette brisure les transforme, chacun à leur tour, en parent abusif ou absent, prisonnier de ce que l’on a inscrit en lui, au fer rouge. Chacun à leur tour victime ou bourreau.

Et l’on découvre comment un secret autour de la naissance d’une petite fille, à un moment donné, peut engendrer un petit tyran, trois générations plus tard.

Le résumé du livre
Ce roman est composé de quatre parties qui forment chacune quatre récits distincts mais que l’on peut cependant relier les uns aux autres.
Chaque récit est fait par un narrateur âgé de six ans. Tous sont issus de la même famille, chacun étant le descendant du suivant.
Le roman s’ouvre avec le récit de Sol en 2004. C’est un enfant californien à la personnalité atypique et choyé par sa maman. Le récit suivant est celui de son père, Randall, âgé de six ans en 1982. Il vit à New-York chez ses parents. Sa mère s’occupe peu de lui car elle consacre énormément de temps à des recherches qu’elle mène sur sa famille. Puis, c’est au tour de Sadie, âgée de six ans en 1962. Elle vit à Toronto au Canada chez ses grands-parents. Ceux-ci sont très stricts avec elle, mais un jour sa mère vient la chercher et la libère en l’emmenant vivre avec elle à New-York. Le roman s’achève par le témoignage de Kristina qui, à six ans, est confrontée à la violence de la Seconde Guerre Mondiale. Tous les narrateurs ont une particularité commune : un grain de beauté qui porte bonheur aux uns et malheur aux autres.

La quatrième de couverture
Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

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